Eclairages bibliques sur la gestion du pouvoir - Partie 2
Extraits de « Bible et Management »
Comment exercer le pouvoir dans la « justesse » c’est à dire, notamment, au service de l’autre et du bien commun. Quelles illustrations nous en donnent des personnages tels que Moïse, Jonas, David, Salomon et Jésus ? A quels questionnements sommes nous alors invités en tant que manager ?
Suite de l'épisode précédent.Illustration biblique du pouvoir dévoyé :
David, deuxième roi d’Israël ; choisi par l’Eternel qui donna
ses directives au prophète Samuel. Celui qui sauva son pays de
l’emprise des Philistins en tuant le géant Goliath. Celui par qui fut
ouverte la voie de la lignée messianique. David donc, se retrouve … «
pêcheur ». Fasciné par la beauté de Bath-Schéba et afin de la posséder,
il fait tuer son mari Urie en le mutant sur le front au plus fort du
combat. La Bible nous montre là un cas patent d’abus de pouvoir où le
détenteur de l’autorité tire de celle ci un bénéfice personnel dévoyé.
Il convient de rappeler qu’être « pécheur » signifie « rater la cible
». Ici David « rate la cible » de la mission qui lui a été confiée.
Cependant il prendra conscience de sa faute et s’en repentira. Il saura
grandir de cette épreuve.
En quoi cet épisode de l’histoire
biblique peut il me parler, à moi, manager ? Il peut m’amener à
m’interroger sur la manière dont je peux prendre appui sur les
évènements de la vie de tous les jours, dans l’exercice de mon pouvoir,
pour élargir mon champs de conscience. En quoi ai je été dans la
justesse en interpellant Dupont de cette manière ? En quoi la signature
de ce contrat répond elle à une éthique à laquelle j’adhère ? A quoi ou
à qui ai je fait du tort ; que puis je faire ? De quelle manière ai je
géré mon pouvoir en animant telle réunion ? Est ce pertinent d’y avoir
pris toute la place ? Qu’est ce qui se joue pour moi, aujourd’hui en
désirant prendre plus de responsabilités ? etc … Autant de questions
qui m’invitent au discernement, à des prises de conscience, qui me
permettent de progresser, de grandir, de devenir plus Homme.
Est
ce que j’exerce un pouvoir qui aide l’autre à grandir ou un pouvoir qui
opprime ? Si je suis « persécuteur » à l’égard de certains, qu’est ce
qui se joue pour moi ?
Illustrations bibliques du pouvoir « juste » :
Dans le « Jugement de Salomon », deux femmes se disputent un
enfant. L’une comme l’autre crie justice. Instant pathétique où l’on a
recours à la médiation du roi. Comment discerner face à un tel
différent ? Où se trouve la vérité ? Salomon a un trait de génie :
simuler le recours au pire, couper l’enfant en deux, afin de rendre une
apparente justice. Le stratagème est payant. La vraie mère renonce face
à cette perspective ignoble. La fausse mère est démasquée.
Pouvoir au service de la justice. Tactique basée sur l’astuce. Médiation réussie.
Comment
rendons nous la justice en tant que manager ? quel est notre degré
d’impartialité ? Quels sont les critères de nos décisions ? Agissons
nous sous influence ou en hommes libres ?
Mode d’exercice du pouvoir par Jésus.
Pour dire l’essentiel sur ce vaste sujet , donnons la parole à
Pierre Debergé ( ) : « le pouvoir de Jésus n’est jamais un pouvoir qui
écrase (…) Lorsqu’il enseigne c’est toujours pour libérer, pour ouvrir
des horizons nouveaux et faire grandir. C’est le pouvoir d’un homme
libre qui ne cesse de lutter contre les barrières, les séparations et
les impasses (…) Il s’agit toujours de remettre les hommes debout que
ce soit face à la maladie, au péché ou aux discriminations de toutes
sortes. »
Lorsque Jean Baptiste envoi des émissaires pour
demander à Jésus s’il est « celui qu’il faut attendre », Jésus lui fait
répondre : Mt 11:5 : les aveugles retrouvent la vue et les boiteux
marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les
morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.
Contemplons ce verset au niveau symbolique, en l’associant à notre rôle
de parent. Notre mission dans ce domaine est « d’ouvrir les yeux » de
nos enfants, leur permettre de « marcher droit », les mettre en garde
contre des « relations néfastes ou malades » (la peau étant l’élément
frontière entre l’intérieur et l’extérieur, symbole de nos relations).
Il nous faut aussi les aider à « ouvrir leurs oreilles » sur le monde,
à « réssusciter » des épreuves qu’ils traversent et leur donner foi et
espérance dans la vie.
Transposons la métaphore sur le plan
managérial, en tant que manager, investi dans un pouvoir juste, c’est à
dire au service du bien – durable- commun, nous avons vocation à «
ouvrir les yeux » de nos collaborateurs, en les aidant à appréhender
les réalités et à faire les prises de conscience appropriées. Nous
avons à les aider à « marcher droit » sur les sentiers d’un Projet
partagé. Nous pouvons les « coacher » afin de les amener à gérer des
relations professionnelles saines. Nous pouvons leur permettre d’ «
entendre » des choses difficiles sur eux même, les accompagner dans la
résurrection suite aux crises professionnelles qu’ils traversent. Nous
pouvons enfin les mobiliser dans la « bonne nouvelle » d’un Vision
d’avenir motivante.
2 P. Debergé : Enquête sur le pouvoir (Approche biblique et théologique). Nouvelle cité. P. 41 - 42


