Illustration biblique du pouvoir dévoyé :


David, deuxième roi d’Israël ; choisi par l’Eternel qui donna ses directives au prophète Samuel. Celui qui sauva son pays de l’emprise des Philistins en tuant le géant Goliath. Celui par qui fut ouverte la voie de la lignée messianique. David donc, se retrouve … « pêcheur ». Fasciné par la beauté de Bath-Schéba et afin de la posséder, il fait tuer son mari Urie en le mutant sur le front au plus fort du combat. La  Bible nous montre là un cas patent d’abus de pouvoir où le détenteur de l’autorité tire de celle ci un bénéfice personnel dévoyé. Il convient de rappeler qu’être « pécheur » signifie « rater la cible ». Ici David « rate la cible » de la mission qui lui a été confiée. Cependant il prendra conscience de sa faute et s’en repentira. Il saura grandir de cette épreuve.

En quoi cet épisode de l’histoire biblique peut il me parler, à moi, manager ? Il peut m’amener à m’interroger sur la manière dont je peux prendre appui sur les évènements de la vie de tous les jours, dans l’exercice de mon pouvoir, pour élargir mon champs de conscience. En quoi ai je été dans la justesse en interpellant Dupont de cette manière ? En quoi la signature de ce contrat répond elle à une éthique à laquelle j’adhère ? A quoi ou à qui ai je fait du tort ; que puis je faire ? De quelle manière ai je géré mon pouvoir en animant telle réunion ? Est ce pertinent d’y avoir pris toute la place ? Qu’est ce qui se joue pour moi, aujourd’hui en désirant prendre plus de responsabilités ? etc … Autant de questions qui m’invitent au discernement, à des prises de conscience, qui me permettent de progresser, de grandir, de devenir plus Homme.

Est ce que j’exerce un pouvoir qui aide l’autre à grandir ou un pouvoir qui opprime ? Si je suis « persécuteur » à l’égard de certains, qu’est ce qui se joue pour moi ? 

Illustrations bibliques du pouvoir « juste » :

 
Dans le « Jugement de Salomon », deux femmes se disputent un enfant. L’une comme l’autre crie justice. Instant pathétique où l’on a recours à la médiation du roi. Comment discerner face à un tel différent ? Où se trouve la vérité ? Salomon a un trait de génie : simuler le recours au pire, couper l’enfant en deux, afin de rendre une apparente justice. Le stratagème est payant. La vraie mère renonce face à cette perspective ignoble. La fausse mère est démasquée.
Pouvoir au service de la justice. Tactique basée sur l’astuce. Médiation réussie.

Comment rendons nous la justice en tant que manager ? quel est notre degré d’impartialité ? Quels sont les critères de nos décisions ? Agissons nous sous influence ou en hommes libres ?

Mode d’exercice du pouvoir par Jésus.


Pour dire l’essentiel sur ce vaste sujet , donnons la parole à Pierre Debergé ( ) : « le pouvoir de Jésus n’est jamais un pouvoir qui écrase (…) Lorsqu’il enseigne c’est toujours pour libérer, pour ouvrir des horizons nouveaux et faire grandir. C’est le pouvoir d’un homme libre qui ne cesse de lutter contre les barrières, les séparations et les impasses (…) Il s’agit toujours de remettre les hommes debout que ce soit face à la maladie, au péché ou aux discriminations de toutes sortes. »

Lorsque Jean Baptiste envoi des émissaires pour demander à Jésus s’il est « celui qu’il faut attendre », Jésus lui fait répondre : Mt 11:5 : les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Contemplons ce verset au niveau symbolique, en l’associant à notre rôle de parent. Notre mission dans ce domaine est « d’ouvrir les yeux » de nos enfants, leur permettre de « marcher droit », les mettre en garde contre des « relations néfastes ou malades » (la peau étant l’élément frontière entre l’intérieur et l’extérieur, symbole de nos relations). Il nous faut aussi les aider à « ouvrir leurs oreilles » sur le monde,  à « réssusciter » des épreuves qu’ils traversent et leur donner foi et espérance dans la vie.

Transposons la métaphore sur le plan managérial, en tant que manager, investi dans un pouvoir juste, c’est à dire au service du bien – durable- commun, nous avons vocation à « ouvrir les yeux » de nos collaborateurs, en les aidant à appréhender les réalités et à faire les prises de conscience appropriées. Nous avons à les aider à « marcher droit » sur les sentiers d’un Projet partagé. Nous pouvons les « coacher » afin de les amener à gérer des relations professionnelles saines. Nous pouvons leur permettre d’ « entendre » des choses difficiles sur eux même, les accompagner dans la résurrection suite aux crises professionnelles qu’ils traversent. Nous pouvons enfin les mobiliser dans la « bonne nouvelle » d’un Vision d’avenir motivante.

 
2  P. Debergé : Enquête sur le pouvoir (Approche biblique et théologique). Nouvelle cité. P. 41 - 42